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Amicale des Amateurs de Nids à Poussière

Amicale des Amateurs de Nids à Poussière

Le Blog de l'Amicale Des Amateurs de Nids À Poussière (A.D.A.N.A.P.) est un lieu de perdition dans lequel nous présentons revues, vieux papiers, journaux, ouvrages anciens ou récents, qui s'empilent un peu partout, avec un seul objectif : PARTAGER !

Publié le par Fabrice Mundzik
Publié dans : #José Germain, #Paul Bruère, #Georges Vouloir, #Médicis, #Georges Le Poitevin, #Anticipation Ancienne, #Atomique, #Gaz de combat

José Germain - La Ville sous les bombes, extrait de Face au péril aéro-chimique par Paul Bruère & Georges Vouloir (Médicis - 1936).

Illustrations de G. Le Poitevin.

 

Extraits du Journal d'un témoin.

 

1er JUILLET. — Le Chancelier Hitler vient de proclamer son amour de la France, son dépit de n'être point aimé d'elle, son goût particulier pour la paix, sa volonté d'organisation économique de l'Europe, sa grande espérance d'une collaboration désintéressée des nations civilisées. Il a toutefois omis un certain nombre d’États dans la liste de ceux qu'il appelle à l'union.

Tout cela m'a donné le frisson d'une prochaine poussée allemande.

2 JUILLET. — Le gouvernement anglais qui semblait inquiet depuis quelque temps s'est soudain détendu. La presse officieuse d'Outre-Manche se réjouit unanimement des paroles amicales du gouvernement allemand. Elle y devine une évolution heureuse de la pensée naziste et invite vivement la France à répondre à de telles avances. Elle précise que l'opinion mondiale ne comprendrait pas un nouveau recul de la diplomatie française devant cette offre de paix définitive à laquelle l'Angleterre souscrit d'avance, s'offrant comme arbitre pour tout litige.

Elle invite le gouvernement à cesser tout armement nouveau et même à désarmer les deux bataillons qui devaient partir pour la garde au Rhin.

Mon inquiétude d'une avance allemande se précise.

3 JUILLET. — Toute la presse d'Outre-Rhin est ce matin feu et flamme, car la France a demandé des explications avant de s'engager : « C'est là une intolérable marque de méfiance à l'égard du loyal Reich ». On dit que le Chancelier Hitler est las de se voir repoussé par la nation qu'il aime le plus.

Mon inquiétude devient de l'anxiété.

4 JUILLET. — Des troupes allemandes ont été massées sur la frontière autrichienne, car le Reich désarmé par le Traité de Versailles, éprouve la crainte d'une attaque des heimwehren « qui tenteraient l'Anschluss au profit de Vienne » (Hamburger Nachrickten). Le Chancelier demande à la France si elle le soutiendra contre l'Autriche impérialiste.

Mon voisin, pacifiste ardent, m'a apporté le document et goguenard a ajouté : « Quand je pense que vous aviez peur d'une attaque brusquée des Allemands. Ah ! ces anciens combattants, on dirait qu'ils gardent la hantise de la guerre ». J'ai répondu seulement : « Préparez voire masque à gaz ».

5 JUILLET. — « Préparez votre masque à gaz » ! Voilà le mot que toute ma maison me reprocha tout le jour. La dame du cinquième qui fut candidate de principe aux dernières élections, s'est répandue à ce sujet, en propos joyeux : « Non, mais croyez-vous, il pense déjà à la guerre. C'est pas un gazé, c'est un piqué. Avec des gens comme ça, on serait toujours en alerte. Ils jetteraient la panique au Vatican » !

Mon voisin est revenu. « Cher Monsieur, je pense que vous allez mieux aujourd'hui qu'hier. Voyez vous même, il ne s'est rien produit. Et comment se produirait-il quelque chose, quand tous les gouvernements sont pacifistes. Évidemment, il y a les Autrichiens, mais c'est une affaire locale ; nous n'avons qu'à les laisser se débrouiller avec leurs frères Allemands. Moi, j'ai une thèse : la localisation des conflits. Avec ça, je ne cours aucun danger. Qu'en pensez-vous » ?

— Je pense que vous pourriez organiser votre appartement en abri familial.

Il n'a rien répondu, mais dans l'escalier, je l'ai entendu qui confiait à des cohabitants : « Il est malade. Ça le travaille au crâne. Dommage, c'était un gentil garçon ».

6 JUILLET. — Coup de téléphone d'un ami bien placé au ministère. Il me dit qu'on est inquiet. Deux rapports d'espions signalant d'importants rassemblements de Junkers près de la frontière française. Mais les bureaux répondent que l'Ambassade n'ayant rien confirmé, le bruit doit être inexact. En tout cas, la consigne est de ne rien dire. Rien ne doit transpirer de tout cela. Il faut que la France pacifique et confiante dans le Droit, garde ce pur visage de sérénité qui lui attire l'amitié des peuples. Un communiqué officiel l'affirme à 17 heures et l'Angleterre se prépare à des fêtes imposantes pour le triomphe de la paix anglaise.

Mon voisin exultant a dit : « Ce ne serait pas la peine d'avoir entretenu richement la Société des Nations pendant tant d'années, si elle ne devait pas rendre service le jour où on a besoin d'elle ».

En principe, il a raison, mais mon anxiété est devenue de l'angoisse.

7 JUILLET. — J'ai décidé, pour ne plus me rendre ridicule, d'arborer à mon tour, un peu de la confiance universelle. Comme il fait beau, et comme mon travail est achevé, j'irai me promener ; cela me permettra d'entendre les conversations de la foule, n'est-ce pas le baromètre de l'opinion ?

A quinze heures, j'étais totalement rassuré, car un vieux camarade avait résumé le verdict populaire en une formule courte et bonne : « Non, mais crois-tu qu'il y en a qui parlent de guerre ! Regarde-moi ce beau temps, comment voudrais-tu qu'avec un soleil pareil, les hommes soient assez bêtes pour se battre. Tout ça c'est des bobards de marchands de canons qui poussent aux armements. Ils veulent ma bonne galette, mais ils ne l'auront pas ».

— En somme, tu es confiant ?

— Comme toujours. Ça fait 20 fois qu'on m'annonce la guerre et 20 fois qu'elle ne vient pas. Alors, ça ne prend plus. On ne me la refait pas 21 fois !

Son robuste optimisme m'avait impressionné quand, vers seize heures, j'ai acheté « France-Soir » qui annonçait en bas de la 3e colonne de la 3e page, une visite de M. Von Hasselberg, Ambassadeur du Reich, au Ministre des Affaires Étrangères de France.

Pourquoi, ai-je ressenti soudain comme un malaise ?

Ah ! Que la vie est belle en cet instant. De la terrasse du « Glacier Doré », je regarde passer le flot humain, bariolé, bruyant, goguenard ou affairé, avec le choc éternel des pressés contre les pas pressés.

« J'ai des pieds », fait remarquer un gamin légèrement écrasé. « Ah ! Que les gens sont mal élevés, aujourd'hui », rétorque une douairière.

Et tout le monde de rire.

« Peuple joyeux, peuple heureux », murmure un voisin hongrois avec envie.

Vingt porteurs de journaux, anciens champions de course à pied, défilent, criant leur titre à si haute voix que leur oreille ne perçoit plus l'appel des clients. Enfin, la table d'en face, où béent deux jeunes gens, finit par obtenir le quotidien rêvé. Tout de suite leurs yeux parcourent la « une », la « deux », la « trois » et ne s'arrêtent qu'à la « quatre », page des sports.

— Zut ! dit l'un d'eux, Rouen a battu Lille.

— C'était couru, répond l'autre.

La discussion commence comme le jour finit. La poussière prépare l'ombre et l'atmosphère est lourde, qui pèse sur la ville. Il fait chaud. On boit. Une jolie fille, énervée par les apéritifs, rit de tous ses nerfs et tape sur les nôtres : la première lumière paraît chez le joaillier voisin, quand tout à coup.................................

Je n'ai pas, sur l'instant, réalisé ce qui se passait, tant ce fut soudain et opposé au climat de l'ambiance.

Ce 7 juillet, j’étais si loin de toute idée dramatique qu'il me fallut pour y croire, vérifier « de visu » les événements. (On a beau s'attendre à tout, on espère toujours des limites au possible).

On avait d'abord entendu un formidable ronflement céleste... bah ! une escadrille d'avions en manœuvre... ce n'est pas rare au temps de la paix armée. Mais le ronflement grandissait, devenait rumeur, puis tonnerre motorisé.

L'inquiétude avait saisi les visages et l'on se précipitait de la terrasse bâchée vers la chaussée, tandis que les garçons inquiets réclamaient un règlement rapide des consommations. Les yeux levés, la foule, de son grand regard angoissé labourait les nues. Elle n'apercevait rien, ne devinait même pas encore, mais criait tout de même : « Tenez ! Regardez ! Les voilà ! »

Alors retentit en quelques secondes — vingt, trente, peut-être — la plus formidable série de coups de tonnerre qu'un ancien combattant puisse imaginer.

De toutes parts, alternativement, à droite et à gauche, l'air semblait vrillé, percé, déchiré et les explosions nous paraissaient innombrables. Enfin, cette minute interminable prit fin. On aperçut alors, deux cent cinquante points noirs qui fuyaient dans le gris du crépuscule moribond.

« Les Boches qui foutent le camp », s'exclama un titi.

Et la foule, atterrée d'abord, reprenait déjà son optimisme béat des jours meilleurs, commentant le geste inutile des chemises brunes, quand brusquement le ciel s'embrasa comme pour une nuit de 14 Juillet, en période de prospérité.

Un véritable feu d'artifice.

Les bombes incendiaires commençaient leur œuvre ; des maisons flambaient comme des torches et Paris Champs-Elysées devenait capitale d'Enfer. La Seine jouait le Styx, le lugubre descendait sur la terre.

D'ordre préfectoral, tous les réverbères s'étaient mis en veilleuse, ce qui évoquait les grands deuils du temps jadis.

Et les sirènes au son plaintif retentissaient de toutes parts comme un glas national. Elles arrachaient le cœur de la poitrine tant elles promettaient de cataclysmes. La foule s'émut cette fois sérieusement : elle devina enfin que des événements graves s'amorçaient.

Par bonheur et par hasard, les environs du « Glacier Doré » semblaient épargnés et la badauderie s'écoulait sans trop de hâte vers les points de chute quand retentit une nouvelle rumeur sourde, surgie de loin, très haut.

« Les v'la qui reviennent », hurla le titi de tout à l'heure. Mais un voisin redevenu déjà sceptique haussait les épaules : « Penses-tu. Y sont trop heureux de s'en être tirés à si bon compte ». Les lueurs montaient de toutes parts et les projecteurs joignant leurs feux à ceux de l'incendie multipliaient maintenant les jeux de la flamme.

Chacun pensa : « ma maison ! » et l'on allait courir vers elle, quand la seconde vague d'avions nous cloua sur le sol, car tout semblait s'écrouler autour de notre masse sidérée. Les bombes explosives déchiraient les maisons comme des jeux de cartes et faisaient trembler la terre. Le sol se dérobait sous nos pieds et là-bas, on voyait s'effondrer une maison de meulière soudain fluide comme un tas de sable. Plus près, une toiture projetée par le souffle d'une explosion, décoiffait un caravansérail et faisait pleuvoir une grêle de tuiles sur les passants. La panique naissait. « Le sauve qui peut » de la grande terreur retentissait pour la première fois.

D'instinct, on se précipita vers la bouche du métro qui, béante, s'offrait pour avaler le troupeau des victimes.

Là-haut, on ne distinguait plus très bien, car la pénombre crépusculaire ne permet aucune précision. On devina toutefois que la seconde vague était passée, car les éclatements de nos obus de défense aérienne suivaient vers l'Est l'escadre homicide qui fuyait le châtiment.

Dans le Métro, parmi les cris de femmes écrasées, on distinguait des ordres contradictoires. Personne, c'est-à-dire tout le monde, commandait : « Poussez pas ! En arrière ! Attention au courant ! Y a des gosses ! Vos g... ! Laissez plus descendre ! Fermez les grilles, j'étouffe ! Au voleur ! Il a mon sac ! Arrêtez-le ! C'est pas moi ! »

Un ancien riz-pain-sel qui jouait à l'ex-poilu me glissa dans l'oreille : « Bah ! Ils en verront d'autres quand ce sera la guerre avec les Gothas et les Berthas ».

Mais un remous de foule l'ayant pressé contre la muraille, il blêmit et ne dit plus rien, tandis que l'éternel renseigné, l'homme qui sait, confiait sous le sceau du secret, à son voisin : « Je le savais... Hitler fait partie de la troisième vague... Lyon et Lille sont bombardées en même temps que nous... mais l’État-major est prévenu et Mermoz est chargé de poursuivre Gœring » !

Un bruit métallique de grilles qu'on ferme, l'arrêta dans son débit et me rappela à la réalité. La troisième vague serait certainement celle des obus à gaz. Le phosgène se volatiliserait rapidement mais la lourde ypérite descendrait dans les souterrains et l'on risquerait de crever ici, sans pouvoir se défendre. Ce serait la grande hécatombe. Me glissant contre les murs lisses je finis par remonter vers l'air libre : la rue semblait frappée à mort. On avait fui vers les abris et j'allais hâter le pas pour rentrer chez moi quand la sourde rumeur d'un raz de marée de moteurs me cloua de nouveau au sol.

A la lueur du brasier général, je pus distinguer le front des Heinkels qui, descendus à cent mètres du sol, se mirent soudain à inonder la ville blessée de bombes aux éclatements sourds. Cela semblait presque doux auprès des déchirements de tout à l'heure. On s'habitue vite au bruit : ce n'était plus rien et j'allais poursuivre mon chemin quand tout à coup, dans un éternuement, mes yeux s'embuèrent de larmes. Par réflexe une sueur froide m'inonda, je venais de comprendre toute la tragédie : cette fois c'était le pire ennemi: les gaz. Deux senteurs se disputaient soudain l'atmosphère : la moutarde et le bonbon anglais.

Redressant ma raison comme on redresse une échine, d'un coup de volonté, je me souvins des expériences du temps jadis. Sans courir, je devais rejoindre mon abri familial. Il n'y avait plus une seconde à perdre. Oui mais comment me protéger ? En face, deux désespérés sortaient de chez le droguiste en criant à ceux qui les entouraient : »C'est pas la peine. Y a plus de masques ! ». Cela retentit comme une condamnation à mort parmi le pauvre troupeau hébété qui répétait sans trop comprendre encore : « Les gaz... les gaz... ». Le droguiste fermait en hâte ses volets ; l'oculiste voisin un instant envahi pour des lunettes et qui n'en avait plus, faisait tomber d'une secousse nerveuse son rideau de fer.

Un mécontent ameutait ses voisins en criant : « Y a donc jamais rien dans ce pays de malheur ! Quand est-ce qu'on saura y prévoir quoi que ce soit ? »

— « T'as voté pour Genève, hé ballot » répliqua son copain qui le connaissait mieux que nous. Ils s'enfuirent ensemble.

Une seconde, je me sentis impuissant contre l'adversité : en dépit de toutes mes prévisions, je n'avais rien su prévoir pour ma promenade. J'allais bêtement mourir ici, crever comme un chien qui ne comprend rien quand ma main s'arrêta sur ma poche. Elle était gonflée, anormale. « Quoi ! mais oui, l'autre jour, après ma dispute avec le voisin, pour mieux me donner raison, j'avais mis rageusement dans mon pardessus, le petit tampon à marc de café que depuis j'oubliais comme tout ce qui nous est familier ».

J'étais sauvé. En un instant, il fut humecté par les moyens de bord et je l'adaptai à mon visage. J'avais le droit de respirer. Seuls mes yeux allaient souffrir : pourquoi n'avais-je pas mes lunettes d'auto ? Par bonheur le boulevard était à peu près désert, la marche était aisée, la lumière suffisante quand brusquement celle-ci s'éteignit tout à coup : une nouvelle vague d'avions-citernes très rapides, au ras des toits déposait une nappe de gaz fumigène pour protéger la retraite des malfaiteurs. La terre était plongée dans le pot au noir. On ne se voyait plus à un mètre et seuls les cris de terreur ou d'appel guidaient encore les sauveteurs appelés par les sirènes et les trompes d'alerte. La défense aérienne d'abord surprise tirait maintenant suivant un rythme accéléré et le sol était jonché de débris d'obus éclatés là-haut. Cela sifflait ou vrombissait et l'on entendait de grosses mouches métalliques qui, fort désagréablement, caressaient les oreilles. Enfin le gros nuage s'éleva, se dissipa et le spectacle de désolation se révéla dès lors dans toute son horreur. La rue n'était plus éclairée que par la lueur fugitive des incendies dont les hautes flammes dansaient dans le ciel. De pauvres gens suffoqués par les gaz couraient en tous sens et soudain s'effondraient, désespérés, arrachant leurs vêtements pour mieux respirer, leurs cols pour desserrer l'étreinte de l'étau abominable qui écrasait leur gorge.

« A moi ! A moi ! Au secours ! Monsieur sauvez-moi ! Ne me laissez pas mourir. Monsieur, je vous en supplie ! ».

Un gosse lamentablement, appelait sa mère.

Les pompiers à plein moteur lançaient vers la nue, la mélopée lancinante de leur avertisseur et leurs groins de bêtes masquées donnaient l'illusion d'une charge apocalyptique.

Des agents surgirent alors, déployés en tirailleurs, bâton à la main, car de chaque bouche du métro surgissaient des clameurs : la nuit, naturelle et artificielle, s'était faite partout : l'ombre décuplait l'horreur. Devant chaque maison, je devinais vingt drames. Un malheureux qui courait comme un fou vint s'abattre près de moi en poussant un cri étranglé. Sa respiration saccadée ne Laissait aucun doute, hélas, sur son cas. Sur son visage, on lisait l'épouvante, ses yeux sortaient des orbites et montraient leur blanc de mort. Comme pour interdire au gaz de pénétrer, les mâchoires se serraient à bloc. Alors l'agonie commença, rapide, foudroyante. Le corps convulsé, s'immobilisa bientôt, puis en une dernière détente, se raidit, tandis que du coin des lèvres, s'échappait un peu de salive sanguinolente. La mort avait fait son œuvre. Un de plus !

Brusquement, je me sentis à mon tour pris d'épouvante et la hantise du retour à l'abri familial me conduisit au vieux quartier de ma mère. Las ! au fur et à mesure de mon avance, les ruines signaient la catastrophe. Ici, en pleine chaussée, une énorme bombe explosive avait creusé un entonnoir profond, brisant, par son seul souffle, toutes les vitres des maisons à la ronde. Là, cette façade, par des éclats de machine infernale paraissait grêlée de petite vérole. Une maison de briques, touchée par les elektrons, achevait, dans un feu mourant, de se volatiliser. Une angoisse indicible figeait momentanément les êtres et les choses : on s'était installé comme on pouvait, dans le malheur, et là, tête aux épaules, on attendait en le craignant, un nouveau coup du sort.

Quand j'eus découvert le pignon intact de l'immeuble où habitait ma mère, un peu rassuré, je hâtai le pas vers mon propre domicile. Huit cents mètres avant la rue de ma vie quotidienne, je fus frappé par une odeur d'amande amère qui semblait s'évanouir doucement. Une fois de plus, le climat de la catastrophe se modifiait : le quartier avait été frappé par des gaz panachés où le dickarsenical de Berlin et l'acide cyanhydrique ennemi de l'homme mêlaient leurs effets. La brutalité foudroyante de leur œuvre mortelle avait cloué au sol des théories de cadavres : une grappe humaine de corps allongés sortait du métro comme une chaîne atroce et convulsée. Un regard de mes yeux demi-brûlés me permit de traduire la tragédie : dans le souterrain le gaz était descendu cueillant la masse prisonnière et ignorante des réfugiés. Le Métro s'était mué en charnier ; à l'heure où les sauveteurs enfin organisés surgissaient de toutes parts pour combattre le fléau.

Des extincteurs alternaient avec des pulvérisateurs : on chassait la flamme et le poison. Des groins et des cagoules, maintenant en majorité donnaient l'impression d'une race nouvelle, hallucinante, oubliée par Swift dans Gulliver. C'est cependant sous la protection de ces êtres effarants que je parvins à l'angle de la rue familière d'où j'aperçus ma maison. Miracle ! elle paraissait intacte : c'était trop beau pour être vrai. J'en eus comme le frisson d'un pressentiment douloureux et, comme la nappe gazeuse s'était maintenant volatilisée en plein ciel ou tapie dans les coins et les souterrains, suivant que le phosgène ou l'ypérite y dominait, on traquait cette dernière comme une bête malfaisante cachée dans des plis de murs et l'on ne s'arrêtait qu'au ronflement angoissant des avions.

Un homme — très renseigné ! — avait dit par là que le Ciel de France était aux mains de l'Aviation allemande et chacun devant la soudaineté de l'attaque quatre fois répétée, lui avait accordé l'impossible crédit. Comme si le Ciel pouvait être aux hommes ! En réalité, il suffisait d'élever les yeux, sans peur, vers le firmament maintenant dégagé pour se rendre compte que notre aviation était maîtresse de notre éther local. Des feux comme des météores couraient en tous sens cherchant l'ennemi disparu et nos projecteurs enrobaient les escadrilles pour les aider dans leur fouille de la nuit hermétique.

C'était un apaisement pour celui qui savait, mais combien étions-nous à savoir ? Toute une humanité tapie dans son malheur n'osait encore lever la tête.

Ainsi parvins-je au seuil de ma porte où de pauvres visages révulsés commençaient à poindre. Des yeux pleurants, des nez éternuants, des voix brisées, voilà ce qui m'accueillit, avec un peu de cette colère envieuse à laquelle ont droit ceux qui souffrent devant ceux qui ont moins souffert.

Comme j'interrogeais d'un mot, on me répondit d'un geste qui désignait la cave, cette cave non aménagée à laquelle ils s'étaient confiés.

Une femme sanglotait sur le corps d'une autre livide et glacée, des plaintes surgissaient de l'escalier noir comme la cage de la septième fosse car on n'avait pas encore rendu le courant à ce secteur. Un tapis de gémissements semblait étendu sur la pauvre terre : « A moi, à boire, à moi ! » « Oh ! que j'ai mal ! » répétait en leitmotiv, un fantôme inconnu qui se dessinait parmi l'ombre ; tandis que le Concierge, antimilitariste notoire, la main sur la gorge, hoquetait : « Ah ! les salauds ! ». Pour la première fois, il employait ce mot familier à l'endroit des ennemis du pays. Comme d'instinct, à travers fumées charbonneuses et vagues nauséabondes qui me donnèrent le goût du vomissement, je montai chez moi au second, cet étage privilégié où je savais trouver l'asile de paix et de protection. De marche en marche, hélas ! l'atmosphère devenait plus lourde et l'air plus irrespirable : la cage de l'escalier avait fait appel des gaz et à la lueur d'une chandelle fumeuse, je distinguai un homme accroupi sur la masse inerte d'une asphyxiée et qui hurlait à la mort lugubrement. A tâtons, j'étais enfin parvenu devant ma porte où une surprise m'attendait : des voix perçaient l'huis.

Ma vieille gouvernante n'était donc pas seule ! Elle ne m'ouvrit d'ailleurs qu'après mille réticences : dame, il fallait montrer patte blanche pour pénétrer en cet abri familial où quelques élus déjà ragaillardis par la fin de l'alerte et l'éloignement momentané du danger, discutaient le coup. Ma surprise fut grande de retrouver ici mes adversaires les plus directs, ceux qui m'avaient le plus criblé de leurs sarcasmes.

La peur qui est à la fois la plus grande force de la terre (Rudyard Kipling) et la meilleure des conseillères, les avait soudain assagis.

Mon voisin, mon cher voisin, était là, abattu, prêt à toutes les capitulations. Il expliquait, il expliquait, il expliquait :

— Ah ! Monsieur comme j'avais tort... je ne pouvais pas y croire... Décidément ces B... sont des sauvages. Figurez-vous — car vous n'avez rien vu — que nous serions tous morts si nous n'avions pas eu votre logement. C'est votre bonne qui nous a sauvés... Ah ! la brave femme, elle a tout calfeutré comme vous lui aviez dit. Les fenêtres, les portes, tout était bouché. Elle avait même mis des couvertures entre les persiennes et les vitres, si bien que rien n'a été cassé. Tous les carreaux du quartier sont brisés sauf les nôtres... c'est les vôtres que je veux dire. Et nous sommes ici tout à fait tranquilles, juste entre ciel et terre. Au premier, les pauvres gens qui croyaient être bien protégés, ont été surpris par la vague qui montait jusqu'à leur fenêtre. Une fois les vitres brisées, ils ont été asphyxiés.

— Quoi, morts ?

— Oui, morts !

Du silence tomba. Deux femmes se signèrent. L'homme reprit : « Mais tout cela n'est rien...

— Comment rien ?

— Enfin, peu de choses, à côté de ce qui s'est passé dans la cave. Après le coup du sixième, nous y étions tous descendus.

— Quel coup du sixième ? Je n'ai rien aperçu d'anormal.

— Parce que vous êtes arrivé par la rue. C'est derrière que ça s'est passé : une bombe légère a traversé la corniche et bouleversé les deux étages supérieurs. Une bonne a été mise en bouillie. Ses maîtres, en descendant se sont mis à hurler : sauve qui peut ; et toute la maison s'est précipitée affolée, derrière eux. Tous à la cave.

On s'est entassés là dedans comme on a pu, mi-habillés, mi-déshabillés et après avoir tendu un rideau — c'était tout ce que nous avions — devant la porte, nous avons attendu grelottants de peur, les femmes piquant crises sur crises. Le vieux du quatrième ayant voulu nous raconter des histoires de la grande guerre, comme il dit, s'est fait clouer le bec d'un mot : « le passé est mort ». Tout le monde a été de cet avis et le vieux s'est tu. En somme on tenait assez bien depuis dix minutes, malgré les ébranlements et les bruits sourds, quand brusquement, à la suite d'un choc plus violent, l'ombre s'est faite opaque autour de nous. Seule une chandelle résistait quand un gamin fit remarquer que ça sentait le gaz d'éclairage. Malheur ! les conduites étaient rompues. Tout de suite on souffla la chandelle pour éviter l'explosion : ah ! l'abominable obscurité ! Dans l'imagination de tous, chaque bruit devenait un danger. On tremblait. On respirait mal. Les poitrines haletaient comme des soufflets de forge. L'asphyxie commençait son œuvre... mais ce n'était encore rien... vous allez voir... La petite bonne du 3e ayant fait remarquer qu'elle avait les pieds dans l'eau, nous nous aperçûmes hélas que c'était vrai, que l'eau montait, montait, montait. Canalisations percées. Après le gaz, l'eau. Après l'asphyxie, la noyade. On se glissa en se bousculant jusqu'aux marches de l'escalier, mais des odeurs vagues — ça pouvait être de l'amande comme du bonbon — flottaient près du rideau tendu à l'entrée. Nous étions cernés par la mort. On reflua. On prêta l'oreille un instant. Le bombardement continuait et nous nous attendions à voir tomber la maison sur nos têtes. Après tout, c'était une solution. Au moins, on mourait d'un seul coup : l'écrasement n'est rien auprès de longues agonies de l'asphyxie.

C'est alors que le silence se fit.

On pensa: c'est fini. On respira un peu. Le besoin de fuir ce sépulcre nous tenaillait. Partir ! Mourir en plein air, en liberté ! Voilà ce qui nous hantait. J'avais beau expliquer aux autres tous les dangers qui nous guettaient, on ne pouvait plus les retenir.

Passant sur moi, m'écrasant au besoin, ils s'enfuirent comme des fous, pour échapper au cauchemar. Je criai : « Halte ! » En vain. Ils soulevèrent le rideau. Las ! tout le gaz accumulé devant ce tissu de protection, les saisit à la gorge et les étrangla lentement, parmi des râles atroces. Ce fut une épouvantable agonie dont je garderai toujours le souvenir.

Ah ! Monsieur, comme vous aviez raison !

— Et après, dis-je, impatient de savoir ?

— Après ? Oh ! bien après, c'est simple. Le gaz s'étant répandu et commençant à descendre nous serrâmes les dents, mîmes nos mouchoirs mouillés sur la bouche, bouchâmes nos narines et fermâmes les yeux. Puis on monta lentement, car je me souvenais que vous nous aviez recommandé de ne jamais courir. Ah ! ce que je rigolais autrefois quand vous nous disiez cela. Eh bien, ça nous a sauvés, tout simplement ! A tâtons, doucement, butant dans des cadavres ou des agonisants qui n'avaient plus même la force de se plaindre, on est monté jusque chez vous parce que je me suis rappelé vos précautions. On a carillonné, frappé longtemps parce que votre femme de charge se méfiait. Enfin, on s'est fait reconnaître. Elle a ouvert légèrement : on s'est précipités comme des fous — je crois même qu'on l'a renversée la pauvre, mais on se fera pardonner demain — nous étions les seuls rescapés de la maison.

— Quoi, tout le reste est mort ?

Tout le reste, sauf le Concierge qui disait à tout le monde que les gaz ça n'existait pas mais qui avait pris ses précautions. Il paraît qu'il avait du charbon, du marc de café, de l'eau de Javel. Il a tout gardé pour lui. Mais celui-là, je le retiens. Il aura des chiens de ma chienne.

A ce moment, on entendit dans l'ombre, une voix douce, attendrissante qui implorait : « A boire. De l'eau ! ».

Déjà mon voisin, transformé, rendu à sa vraie destination de Français débrouillard, se précipitait vers ma cuisine pour puiser la boisson des blessés quand l'inquiétude me poussa derrière lui. « L'eau était probablement contaminée ! ». Un regard et j'en fus averti. La fluorescence indiquait qu'il ne fallait pas encore s'en servir. Mais ma brave Victorine avait décidément pensé à tout. Mes enseignements et une peur salutaire, qui n'allait pas jusqu'à la terreur, lui avaient dicté tous les gestes de l'instinct éclairé. Une femme qui sait écouter est toujours une merveille à la seconde de l'action, mais combien savent écouter ?

Victorine avait pensé à tout. Elle avait constitué une réserve d'eau grâce à quoi nous nous rafraîchîmes. Cinq minutes après, toute ma nichée était ragaillardie et déjà, comme une troupe française qui vient d'échapper à un grand danger, elle discutait le coup, âprement ou ironiquement, suivant les tempéraments. On pensait aux revendications légales. Un gars d'en haut proclamait son programme : « Ah ! qu'est-ce qu'il va prendre le proprio pour avoir oublié d'aménager sa cambuse. Quoi ! voilà un homme qui a des enfants, des femmes, des vieillards sous son toit et qui ne prévoit rien de rien pour les sauver... Il va voir ce que je pense.

— Tais-toi, reprit son inséparable, à cette heure, il est peut-être mort...

— Tu crois ?

Du regret entrait déjà dans ce type à grande gueule, qui n'avait pas mauvais cœur.

La note mélancolique était entretenue dans notre pauvre groupe par la mélopée lancinante d'un grand diable qui pleurait par sanglots :

« C'est de ma faute ! C'est de ma faute !... ». Pourquoi ? Que se reproche-t-il ?

Victorine me souffla alors : « C'est parce qu'il a perdu ses deux petits. Il se reproche de n'avoir pas pris de précautions.

Tout le monde se sentait étreint par une si totale douleur et les yeux déjà larmoyants du fait des gaz lacrymogènes, allaient pleurer pour tout de bon quand on entendit le grand gamin du dessus, qui en avait assez d'être triste, proclamer :

« Moi ! mon vieux, pour bibi, ce sera toujours la mi-carême.

— Ah ! ça va, fit son copain.

— Tu comprends pas ?

— Si, je comprends.

— Alors, tu comprends quoi ?

— Bah ! je sais pas, des bobards...

— Pas du tout. Je veux dire que je quitterai plus mon masque, mon masque à gaz ! ».

On aurait peut-être ri si une maman ne s'était glissée jusqu'à nous : « Monsieur, vous n'auriez pas de quoi manger ? Mon petit a faim. Pensez, il n'a pas pris une croûte de pain depuis hier midi. Tout à l'heure, en rentrant chez moi, j'aurai ce qu'il faudra.

— Non, non, Madame, ne touchez à rien chez vous. Tous vos aliments sont perdus, contaminés.

Tenez, servez-vous, prenez ici tout ce qui vous plaît mais promettez-moi de ne point manger chez vous ».

Elle m'embrassa la main pendant que son petit avalait gloutonnement un peu de veau froid, blanc et doré à la fois.

« Monsieur, vous me ferez porter à l'hôpital, supplia dans un coin la voix rauque d'une pauvre gorge brûlée ».

Mais je n'entendais plus rien ; une idée me hantait : quelle heure est-il ? La vieille pendule familiale m'envoya les quatre coups de la prime aube ; notre nuit d'enfer prenait fin. Tandis que nos rescapés usés par la terreur s'effondraient lamentablement sur les tapis, l'envie m'envahissait d'aller voir ce qui se passait dehors. Rassuré par la présence de la vigilante Victorine, je m'en fus subrepticement de chez moi, comme un voleur. Une lueur blafarde me guida parmi les décombres tandis qu'un courant d'air balayait les gaz toxiques ou ce qui en restait.

Plus de malades. Plus de cadavres. Les sauveteurs et les brancardiers étaient passés par là. On pouvait circuler. L'air purifié de la rue acheva de m'éveiller et je n'eus plus qu'à ouvrir les yeux pour cueillir un spectacle d'épouvante. De larges flaques noires, huileuses, inondaient le pavé où des débris de toutes espèces gisaient comme après une rixe. On ne voyait plus de passants. Seules les patrouilles défilaient en tous sens, fouillant le quartier, prêtes à toute éventualité. Des ambulances munies d'avertisseurs semblables à ceux des pompes à incendie passaient sans cesse, roulant aux vitesses interdites. L'une d'elles s'étant arrêtée, je la hélai au profit de celui qui demandait l'hôpital chez moi, mais le conducteur infirmier se refusa au service sollicité : « On ne me la fait plus, dit-il. J'ai déjà conduit ainsi cinq simulateurs. Tous se prétendent touchés et dès le premier examen on s'aperçoit qu'ils n'ont rien ».

— Je vous assure que mon malade est sincère.

— Les autres aussi. Ce sont des simulateurs sincères. Ils ont peur, voilà tout. Ils veulent se rassurer par un examen médical. Mais nous avons assez de malades pour ne pas nous encombrer des bien portants.

— Vous en avez tant que cela ?

— Plus de dix pour un lit.

Vraiment il ne fallait pas insister. Ma promenade me poussait de surprise en surprise. Des façades éventrées ; des masures effondrées, des maisons-bûchers : le souffle de la mort avait tout meurtri, tout noirci. La ville blessée, repliée sur elle-même, n'osait plus ouvrir les yeux. Toutes persiennes closes, on ne savait si les habitations étaient désertes, endormies ou assassinées.

La guerre, en pleine paix, était passée par là.

Mais devant la gare, un bistrot ouvrait : j'y fus tout droit pour apprendre ce que je pouvais encore ignorer.

Deux gars à la redresse y péroraient déjà.

« Tu sais combien qu'y en avait ? Non ! Dix mille.

— Ah ! des fois, tu m'as pas regardé. Dix mille ?

— Puisque je te le dis. C'est Hitler qui commandait. Sur un gros Dornier de la troisième escadre.

— C'est pas un malheur d'être gouverné comme ça. Quand je pense que ces salauds-là ont pu passer la frontière sans qu'on les voie. C'est louche.

— Y a des espions partout.

— Ah ! si j'en trouve, je les tue de ma main.

— Oui, mais fais attention, ils ont tous un député dans leur manche.

— J'm'en fous, j'tue l'député avec.

Dehors passait en cette minute, un groupe exaspéré qui hurlait : « à mort ! », en poussant un malheureux, dents claquantes, qui gémissait : « Vous vous trompez, j'en suis pas un ! ».

Mais personne ne l'entendait plus : il était déjà mort. Je compris que cette nuit abominable avait fait perdre la raison à plus d'un de mes semblables et que les cas de folie collective allaient se multiplier. N'était-ce pas l'effet moral voulu par les Allemands ?

Leur aventure avait réussi : nous allions payer.

En une heure, l'aurore avait rosi toutes choses et les gens animaient à nouveau la rue. Devant les brancards qui passaient, ils s'arrêtaient et se découvraient. Pitié partout. Même pour les choses. Quand on sut que Notre-Dame était touchée, des poings se serrèrent. Quoi, l'admirable et inoffensif asile de Dieu était profané ? C'étaient donc des Vandales. « Tant mieux. Dieu est avec nous » murmura une pauvre petite vieille, depuis longtemps privée de sommeil, qui s'en allait à sa prière du matin.

Alors des camelots surgirent, d'où ? on ne saura jamais. Ils étaient deux et criaient une feuille à format réduit... « Demandez France-Matin, 12e édition, nouvelles sensationnelles. Un effroyable raid de l'aviation allemande. Paris sous les bombes. Plus de dix mille morts. La guerre est déclarée ».

La guerre est déclarée ! Cette formule fit acheter tout le stock qu'on s'arracha. On lut enfin l'explication sollicitée par nos cerveaux angoissés.

Les avions allemands étaient peints aux couleurs françaises : d'où la confusion générale. Hitler avait appliqué son Code de Guerre : tout est bon pour gagner. Mais d'un seul geste, il réveillait la France entière et devant sa brutalité, le ministère socialiste décidait de déclarer la guerre aux agresseurs sans même demander l'avis du Parlement.

Les faits, cette fois, avaient devancé les mots.

JOSÉ GERMAIN.

José Germain - La Ville sous les bombes, extrait de Face au péril aéro-chimique par Paul Bruère & Georges Vouloir (1936)

José Germain - La Ville sous les bombes, extrait de Face au péril aéro-chimique par Paul Bruère & Georges Vouloir (1936)

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cocojules 14/11/2013 11:10

trés en phase avec mes occupation du moment:
la curiosité m'ayant conduit à passer quelques heures devant le film de "Lanzmann"
dont les interviews se rappochent de ces lignes
la mémoire flash que j'ai de certaines explications qui sont ou sonnent comme des pirouette
sur la justification d'une activité dans le domaine des aérosol
un courrier de la maison "F. Tox" cultivont la parano pour nous en mieux soigner
ce fond d'écran avec un batiment qui brûle et l'image persistante des ruine d'une usine
consumée désignées et décrites comme étant celle que félix construisait quand il connu
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