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Amicale des Amateurs de Nids à Poussière

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Le Blog de l'Amicale Des Amateurs de Nids À Poussière (A.D.A.N.A.P.) est un lieu de perdition dans lequel nous présentons revues, vieux papiers, journaux, ouvrages anciens ou récents, qui s'empilent un peu partout, avec un seul objectif : PARTAGER !

Publié le par Christine Luce
Publié dans : #Les Moutons électriques, #Roland C. Wagner, #Musique, #Science-fiction, #Chronique

Dans le cadre sérieux de la relecture pour la prochaine sortie* des Moutons Électriques, je me suis plongée dans la novella « Musique de l'énergie », de Roland C. Wagner, une bonne dizaine d'années après sa première découverte. Je vous passe le sourire idiot avec lequel j'ai réappris quelques théories définitives, sur le disco et le jazz entre autres, ça en énervera plus d'un, mais pas moi. J'ai eu le temps de savourer : scruter un récit parsemé d'astuces linguistiques, de noms et «d'étrangismes» (oui, des mots parfaitement compréhensibles venus d'autres langues!), qui s'amuse à semer son lecteur avec des parenthèses cachées entre un ou deux – ; donc, disais-je, scruter ralentit considérablement la lecture. En cours, l'idée m'est venue d'écouter les morceaux, ce qui a rendu la tâche bien plus amusante sans vraiment l'accélérer...

 

Roland C. Wagner : Musique de l'énergie in Histoire du futur proche, tome 1 Les Moutons électriques, 2014

 

* Depuis, le premier tome de l'inégrale raisonnée est parue, un superbe volume réunissant une nouvelle, deux novella et un roman : Septembre, noyé sous la neige, Le Serpent d’angoisse, Musique de l’énergie et Les Derniers jours de mai.

 

Musique de l'énergie in Histoire du futur proche tome 1 - Couverture de Melchior Ascaride

Musique de l'énergie in Histoire du futur proche tome 1 - Couverture de Melchior Ascaride

Depuis, je me suis fait un gros délire en piochant dans tout ce qui pouvait correspondre à l'essor du rock tel que l'entendait R.C.W. dans la nouvelle. J'ai lâché les années 1950, trop datées pour mes oreilles – ou alors c'est qu'il s'agit de blues. Les sixties sont beaucoup plus intéressantes. Évidemment, il aurait été facile de piquer dans les «standards», ce n'était pas le but. Mon jeu, assujetti à mes règles, était de découvrir des groupes moins célébrés dans les pléthores d'études. Je ne pousserai pas le ridicule jusqu'à me vanter d'avoir découvert des raretés, je n'y connais pas grand chose et n'ai aucune envie de devenir exégète sur la question. Il s'agissait uniquement de découvrir des standards un peu poussiéreux, encore assez plébiscités pour être hébergés sur le réseau, datant des années 1960 et préfigurant le son 1970. Ce que j'ai fait. Me rendre compte alors que j'ai dû entendre ces sons toute gamine et qu'effectivement, je les «reconnais» fut déjà une expérience intéressante. Il est d'ailleurs possible que mes parents aient écouté certains de ces morceaux sur le tourne-disque amélioré que nous avions, des pochettes me sont familières. Ils ont sans aucun doute influencé mes propres goûts à la fin des années 1970.

Le jeu basique et sans aucun objectif si ce n'est me faire plaisir était devenu plus excitant. Plus que d'imaginer, il permettait de percevoir alors nettement l'état d'esprit dont il est question dans le récit : la musique comme l'un des courants, porteur d'idéologie interne, puissant, qui lorsqu'un style apparaît ou disparaît, se nourrit ou contribue à nourrir la pensée humaine : autophage. Psychosphère, serpent d'angoisse... C.Q.F.D. Quelle belle idée pour les fous de musique !

Et quand je vois la date de la nouvelle, 1997, je remonte le temps pour comprendre qu'il m'était impossible par manque de connaissances, cette année-là, de lire « Musique de l'énergie » comme il y a deux jours, malgré les prouesses de Roland Wagner pour la faire «entendre». Une relecture décalée, la culture à portée d'oreilles, qui me permet aujourd'hui de suivre le récit en piochant les morceaux sur le réseau, en suivant la bande son et en l'intégrant à mon imaginaire. Une culture dont il ne faut priver personne. La preuve en est faite aussi !

 

Et pour communiquer à vos tympans un morceau qui sonne déjà la fin des sixties, mises en scène brillamment par l'auteur dans sa novella, qui met à jour le malaise sans barguigner, tout le monde doit la connaître sans mettre un nom ou un titre dessus, Barry Mcguire, « Eve Of Destruction », une protest song de 1965 qui résonne trop fort aujourd'hui.

 

« [...] When human respect is disintegratin’

This whole crazy world is just too frustratin’

 

And you tell me

Over and over and over again, my friend

Ah, you don’t believe

We’re on the eve

Of destruction. »

With Roland C. Wagner's music of U$A : La Musique de l'énergie

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