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Amicale des Amateurs de Nids à Poussière

Amicale des Amateurs de Nids à Poussière

Le Blog de l'Amicale Des Amateurs de Nids À Poussière (A.D.A.N.A.P.) est un lieu de perdition dans lequel nous présentons revues, vieux papiers, journaux, ouvrages anciens ou récents, qui s'empilent un peu partout, avec un seul objectif : PARTAGER !

Publié le par Fabrice Mundzik
Publié dans : #Mars, #Astronautique, #Anticipation Ancienne, #Savant, #Paris-Soir, #Humour, #Espace, #Vie extraterrestre, #Astronomie, #Aéronef

Voici une série de quatre articles publiés dans la rubrique Paris-Soir rit ce soir de Paris-soir n°3488 du 24 avril 1933.

Ils s'intitulent : « Le Professeur Biccard a atteint la planète Mars », « Ce que fut notre arrivée dans la planète Mars », « Un grand gala a l'opéra de Mzel » et « Petites nouvelles de Mars ».

A lire aussi :

Bernard de Fontenelle - Entretiens sur la pluralité des mondes, augmentés des Dialogues des Morts (J. Bossange et Tenon - 1821)

Charles Collomb - Un Cauchemar : La planète Mars (1909-1910)

Peut-on communiquer avec Mars ? Le grand astronome Flammarion révèle son opinion (1920)

Raphael Diligent - Une excursion en Mars (1923)

Anonyme - La Réponse des Marsiens (1928)

Marcel Boll - Mars, notre voisine, est-elle habitée ? (1932)

Bour - Un œil sur Mars (1939)

Patrick Moore - Destination Mars (O.D.E.J. - 1960)

Le Professeur Biccard a atteint la planète Mars ! (1933)

On se souvient des incidents qui marquèrent la nouvelle sensationnelle que, seuls dans la presse, nous annoncions il y a trois jours : le professeur Biccard, accompagné de ses aides, MM. Clovys et Kappet, après s'être enfermés dans une « herzosphère » s'étaient fait lancer par une catapulte électro-magnétique.

Le but de leur voyage ? La planète Mars.

Immédiatement la foule assiégea nos bureaux. Des milliers et des milliers de personnes réclamaient des détails. De tous les points du monde, des télégrammes nous parvenaient, demandant confirmation.

Car le secret du départ avait été bien gardé, et seul, un de nos reporters, M. Saint-Mart avait pu, soigneusement caché, y assister.

Et à cette foule, à ces télégrammes, nous ne pouvions que répondre :

Nous confirmons la nouvelle du départ du professeur Biccard pour la planète Mars.

Aujourd'hui, nous pouvons annoncer triomphalement :

Pour la première fois, un homme a atteint la planète Mars. Le professeur Biccard a réussi dans sa tentative.

Nous publions, ci-dessous, les premiers « marsogrammes » qui nous ont été envoyés par notre collaborateur Paul Renaud, qui a réussi à s'embarquer dans l'herzosphère comme passager clandestin.

Notre envoyé spécial a pu placer son appareil téléphotographique à l'orifice de la lunette géante qui permet au directeur de l'Observatoire de Mzel (Mars) de voir ce qui se passe sur la Terre. Voici la photo unique qu'il a pu obtenir en dirigeant le supertélescope sur Paris.

On remarquera que, grâce à un procédé dont les Martiens gardent jalousement le secret, les principaux monuments de notre capitale ont pu être groupés dans la lunette d'observation. Malheureusement, il n'a pas encore été possible d'obtenir des vues « à l'endroit ». On obvie, dans Mars, à cet inconvénient — somme toute minime — en procédant aux observations la tête en bas.

Le Professeur Biccard a atteint la planète Mars ! (1933)

Je ne vous conterai pas le voyage.

Les voyages heureux n'ont pas d'histoire. Sachez seulement que lorsque je fus découvert par Kappet, le second aide du professeur Biccard, notre herzosphère se trouvait déjà à 3.680 kilomètres de la terre.

Amené devant le professeur, celui-ci se borna à dire :

— Cela ne m'étonne pas. Il y a toujours un passager clandestin dans les raids dangereux.

Puis il ajouta simplement, montrant ma cigarette.

— Allez... et ne fumez plus.

Durant tout le voyage, il ne s'occupa que de ses instruments de bord.

Le voyage dura exactement trois jours, deux heures, 6 minutes, 11 secondes, c'est-à-dire environ une heure de moins que le temps prévu par le professeur Biccard. Aussi celui-ci, qui faisait un brin de toilette en prévision de notre arrivée, se montra-t-il d'assez méchante humeur quand — par distraction, ayant regardé dans le périscope au lieu de se regarder dans la glace — il s'aperçut que nous étions sur le point d' « amarsir » (si j'ose écrire).

Par le plus favorable des hasards, nous nous posâmes en pleine campagne, sans aucun dommage. Mais, à peine étions-nous sortis de notre herzosphère, à peine nous étions-nous dégourdi un peu les jambes, à peine avions-nous, remarqué avec étonnement que nous étions sur un champ où l'on cultivait des... pâtes alimentaires, qu'un bourdonnement se fit entendre.

Par une route — analogue à nos belles routes de France — une foule de Martiens arrivaient, à grande allure, chacun d'eux étant à califourchon sur une machine assez semblable aux bicyclettes, mais où les roues seraient remplacées par des patins : les routes sont si bien faites qu'on n'y roule pas : on y glisse.

Les Martiens — qui ont la même contexture que les humains — nous reçurent avec de grandes marques d'amabilité..

Il était facile de prévoir que nous ne pourrions nous comprendre.

Heureusement, après quelques, minutes, le professeur Biccard, qui est vraiment un homme extraordinaire, eut l'idée de prononcer quelques mots en... français.

Aussitôt, à notre grand étonnement, un Martien âgé et d'aspect vénérable, se détacha du groupe et nous dit... dans notre langue :

— Messieurs, je suis heureux de voir que, sur la Terre, on étudie aussi les langues mortes. Cela nous permettra de nous entendre.

(Ainsi, dans Mars, la civilisation est-elle beaucoup plus avancée que chez nous, puisque la langue la plus riche de la Terre n'y est plus qu'une langue morte.)

Puis il se présenta :

— M. Wlatiscoque, directeur de l'Observatoire de Mzel.

Une heure après, nous faisions, dans Mzel, une entrée triomphale.

Dix minutes après, nous allions nous coucher.

Le Professeur Biccard a atteint la planète Mars ! (1933)

Nous avons assisté à une représentation de gala au Grand Opéra de Mzel.

Cette représentation était donnée — en toute modestie — en notre honneur, et aussi à l'occasion du progrès considérable qui vient d'être réalisé en Marsouinie, dans l'art dramatique.

Jusqu'à présent, en effet, toutes les représentations publiques avaient lieu, dans Mars, à l'aide de ce qu'on appelle — sur Terre — le cinématographe.

Or, depuis de nombreuses années, les Martiens cherchaient un autre moyen pour donner des spectacles.

C'est ainsi que, peu à peu, ils sont parvenus à simplifier cet appareillage compliqué.

Ils ont d'abord supprimé ce qu'on appelle ici « Laikran », puis ils sont arrivés à supprimer ce qu'on nomme, en martien. « La Pareille Deprot-Jaiktion ». De progrès en progrès, les savants, au lieu de montrer au public l'image des artistes, sont enfin parvenus à montrer les artistes eux-mêmes.

C'est à la première représentation où les artistes jouaient directement devant les spectateurs que nous étions conviés.

Disons immédiatement que tout se passa le mieux du monde et que la nouvelle invention fonctionna magnifiquement.

Un éclatant succès salua, à la fois, les vaillants artistes et les ingénieux inventeurs.

A la sortie de l'Opéra, on nous emmena dans un studio spécialisé dans les rétrospectives. Et l'on nous projeta le genre de spectacle qui précédait celui que nous vîmes ce soir : des images mouvantes et parlantes !

Et cela nous sembla bien désuet.

 

Petites nouvelles de Mars

Voici quelques « Petites Nouvelles » que nous envoie notre envoyé spécial dans Mars. Il nous transmet fidèlement les « Petites Nouvelles » d'un journal martien (« En avant... mars », pour préciser), afin que nos lecteurs puissent se faire une idée plus exacte de ce qu'on appelle déjà « la Planète-Sœur ».

Par suite d'une forte hausse dans le prix des produits chimiques servant à fabriquer artificiellement la « pomme de mars », ce précieux tubercule ne se produit plus qu'en infimes quantités. Une conférence internationale va se réunir à Mzel pour envisager les mesures à prendre.

L'arrivée des Terriens dans Mars a déjà été la cause d'un progrès dans la civilisation martienne. Interrogé par une journaliste de modes sur la signification d'un objet qu'il portait au bras, le professeur Biccard a expliqué que c'était un « parapluie ». Cet ustensile a été immédiatement adopté par nos élégantes... bien que ce qu'on appelle « pluie » soit complètement inconnu ici. Il paraît que le « parapluie » peut aussi servir au cours des querelles de ménage... On verra bien.

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