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Amicale des Amateurs de Nids à Poussière

Amicale des Amateurs de Nids à Poussière

Le Blog de l'Amicale Des Amateurs de Nids À Poussière (A.D.A.N.A.P.) est un lieu de perdition dans lequel nous présentons revues, vieux papiers, journaux, ouvrages anciens ou récents, qui s'empilent un peu partout, avec un seul objectif : PARTAGER !

Publié le par Fabrice Mundzik
Publié dans : #Roger Simonet, #Excelsior, #Anticipation Ancienne, #Eddington, #Bancroft, #Beddoe, #Kretschmer, #Pande, #Montandon, #Lune, #Synergie, #Bibliogs

« La Disparition des blonds… et des blondes », de Roger Simonet, est paru dans Excelsior du 6 juin 1937.

 

La Disparition des blonds… et des blondes

On en voit plus… Il y en a moins. Un Biologiste anglais annonce la disparition des blonds… et des blondes.

Il n’eut pas besoin, à présent, de traverser l’Atlantique pour trouver des savants qui prédisent des faits sensationnels. Il suffit de franchir le Pas-de-Calais. En Angleterre, de graves personnages annoncent « périodiquement », peut-on dire, des événements qui nous captivent plus ou moins, suivant leur proximité plus ou moins grande.

Ces jours derniers, le grand astronome anglais sir Eddington, prévoyait la rupture de la lune, dans quelque 45.000 siècles. Il est dommage que nous ne puissions sûrement pas assister à un aussi beau spectacle. Hier, un biologiste, anglais lui aussi, nous apprenait que l’abaissement de ton de la voix humaine est continu et que la voix de fausset, possédée, paraît-il, par nos lointains ancêtres de l’âge des cavernes va disparaître pour toujours.

Les hommes contemporains deviennent de plus en plus des barytons. Ceux de l’avenir seront des basses.

Aujourd’hui, le professeur Bancroft tente de nous émouvoir, relativement à un autre sujet. Il a bien soin de dire qu’il ne prend pas ses désirs pour des réalités. Cela signifie, en l’occurrence, qu’il n’éprouve aucune aversion pour la race blonde. « Les personnes blondes (hommes ou femmes) sont en voie de disparition, dit-il. Dans quelques siècles, car il s’agit évidemment d’une évolution naturelle, il sera aussi difficile de trouver un blond qu’actuellement un mammouth sur le mont Blanc. »

Le savant anglais appuie-t-il, au moins, son opinion sur des observations soigneusement établies, et non sur des conclusions hâtives, comparables à celle légendaire de l’Anglais débarquant à Boulogne et affirmant que toutes les Françaises sont rousses, parce que trois spécimens de ce genre se sont successivement montrés à lui ? De plus, des considérations purement scientifiques sont-elles en accord avec la possibilité de l’extinction de la race blonde. C’est ce que nous allons voir.

Il est exact que les races blondes occupent des territoires de plus en plus réduits.

Il est normal que nous regardions, d’abord, autour de nous. Très rares sont les blonds, — naturels évidemment !… Les Français sont, fort généralement, châtains ou bruns.

La « blonde miss », popularisée dans le monde entier par le roman sentimental, n’est pas, comme on pourrait le croire, le type de la jeune fille anglaise.

Sans dire qu’elle est un phénomène, il n’en demeure pas moins que, d’après un autre spécialiste des questions ethnographiques, le docteur Beddoe, sur 100 Anglo-Saxons, il n’y a que 16 individus vraiment blonds.

Somme toute, si vous voulez avoir des chances de rencontrer un nombre appréciable de personnes blondes, allez dans les pays du Nord européen : Allemagne du Nord, Danemark, Suède et Norvège. C’est là que le pourcentage des blonds — et des blondes — est le plus grand dans le monde.

Pourtant, l’un de nos amis, qui revient d’un voyage d’études au Danemark, nous exprimait avec quelle surprise il a constaté la forte proportion des sujets bruns ou châtains dans la foule danoise.

La vérité est que la race blonde, pour des raisons que nous allons considérer, ne constitue qu’une minorité dans l’espèce humaine.

Pour des raisons biologiques les blonds sont moins résistants que les bruns.

Un être blond est essentiellement un être dépigmenté. À l’action de la lumière, sa peau n’oppose qu’un écran imparfait, comparativement à ce qui se passe pour un sujet brun ou châtain. Pour ce dernier, les bains solaires sont beaucoup plus favorables que pour le premier dont la peau rougit et réagit mal à l’action des rayons ultra-violets.

D’après le docteur Bancroft, les blonds ont la constitution dite « asthénique », qui prédispose aux affections de l’appareil respiratoire. Que faut-il penser d’une telle affirmation ?

Le professeur allemand Kretschmer, étant raciste, ne peut accepter la théorie Bancroft. Il s’oppose à ceux de ses compatriotes qui estiment comme fréquente ladite constitution parmi les sujets de race nordique. Le savant d’outre-Rhin base sa contradiction sur la forme du crâne des Nordiques, lequel est, dit-il, ordinairement petit et arrondi, tandis que dans l’asthénie, il a tendance à être allongé. On n’est, non plus, pas forcément atteint d’une maladie parce qu’on est prédisposé à contracter cette maladie.

Plusieurs savants italiens, ayant, comme chef de file, le professeur Pande, viennent, à leur tour, de donner leur avis. Ils ont fait porter leur étude sur plusieurs centaines de femmes appartenant à des races diverses, et la conclusion de leurs observations est plutôt favorable aux conceptions de Kretschmer. Il est exact que l’asthénie est moins rare chez les blonds nordiques que chez les individus bruns, à quelque race qu’ils appartiennent.

Mais il est, semble-t-il, certain aussi que les blonds orientaux — il y en a — ne sont pas de constitution asthénique et qu’ils ont le crâne arrondi, et que la couleur de leurs cheveux n’est pas du tout l’indice d’une prédisposition morbide. Pande et ses disciples insistent davantage sur le moins grand nombre de descendants parmi la race blonde.

Attendons un peu avant d’accorder crédit au professeur Bancroft.

De tout cela, il résulte qu’on ne peut, sans restriction, donner raison au savant anglais. Il est exact que la race blonde se localise de plus en plus. En cela, elle suit le sort de la plupart des autres races. Le professeur Montandon rappelle, à ce point de vue, que des races négroïdes vivaient autrefois en Europe, et qu’il n’y en a plus maintenant, alors qu’elles existent toujours en Afrique.

La vérité est que le nombre des blonds s’accroît moins vite que celui des bruns. Si bien que les premiers paraissent de moins en moins nombreux, relativement aux seconds. Nous n’avons pas besoin de dire que les études dont nous venons de signaler l’actualité ne font pas entrer en ligne de compte les « produits » des coiffeurs-chimistes contemporains !…

Bibliogs / A.D.A.N.A.P. : Synergie !

Roger Simonet - La Disparition des blonds… et des blondes (1937)

Roger Simonet - La Disparition des blonds… et des blondes (1937)

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