Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Amicale des Amateurs de Nids à Poussière

Amicale des Amateurs de Nids à Poussière

Le Blog de l'Amicale Des Amateurs de Nids À Poussière (A.D.A.N.A.P.) est un lieu de perdition dans lequel nous présentons revues, vieux papiers, journaux, ouvrages anciens ou récents, qui s'empilent un peu partout, avec un seul objectif : PARTAGER !

Publié le par Fabrice Mundzik
Publié dans : #Henriette Robitaillie, #Clara, #La Semaine de Suzette, #Préhistoire, #Mammouths

Afin d'améliorer la lisibilité du texte, la mise en ligne respecte le découpage original :

Partie 1 / Partie 2 / Partie 3 / Partie 4.

 

RÉSUMÉ. — Minouk et Zor sont seules, abandonnées dans la forêt après le pillage de leur village. Un ours énorme les menace.

Au même moment un léger galop se fit entendre, un cheval sauvage apparut dans la clairière. Il avait été poursuivi et blessé par des loups. Affolé par la peur et la douleur, il courait droit devant lui... Il vit trop tard l'ours formidable. Mais celui-ci, enfin débarrassé de sa cendre, l'avait aperçu. Il se lança sur cette nouvelle proie...

Ayant peine à croire à leur bonheur, les petites filles guettèrent longtemps les bruits de la forêt. Elles n'osaient pas se rendormir.

Enfin, les oiseaux chantèrent de nouveau. Et rien n'empêcha plus Zor et Minouk de sombrer dans un profond sommeil.

 

CHAPITRE III

UN MAMMOUTH SAUVÉ PAR DEUX FILLETTES

 

Le soleil était juste au-dessus du village détruit quand elles s'éveillèrent. Elles mangèrent un peu de poisson de la veille sans avoir le courage d'aller à la recherche d'autre nourriture. Car elles restaient inquiètes.

— L'ours reviendra cette nuit, dit Minouk. Le cheval sauvage nous a sauvées une fois, mais quand l'ours l'aura mangé il nous cherchera de nouveau.

— Il faut partir, Minouk, partir très vite.

La petite fille réfléchissait :

— Écoute, Zor, dit-elle enfin, j'ai une idée. Là-bas, du côté de la plaine, il y a un lac immense. Par beau temps on l'aperçoit entre les branches des arbres.

— Je sais.

— Sur l'eau du lac est bâti un village lacustre. Les gens qui y vivent ne sont pas méchants, ils ont fait alliance avec notre tribu. Allons là-bas. On nous accueillera. Et plus tard des chasseurs nous ramèneront...

— ...quand nos parents seront revenus. Tu as raison Minouk. Le Grand Ours ne nous poursuivra pas si loin.

— Et puis qu'aurions-nous fait ici, sans feu ? Le feu est encore plus utile que la nourriture.

Sans plus discuter les deux amies se mirent en route. Elles n'avaient rien à emporter. Avec leurs jambes musclées et leurs petits pieds durs elles marchaient à travers la forêt luxuriante aussi facilement que des jeunes animaux sauvages.

Le voyage se poursuivait sans incident, mais la plaine qui avait semblé proche quand on la regardait du village, paraissait s'éloigner à mesure que les enfants avançaient. Elles s'étaient à peine arrêtées pour manger quelques racines, et cependant elles étaient encore bien loin du but.

— Il nous faudra coucher dans la forêt, dit Minouk.

— Oh ! j'aurai peur.

— Nous grimperons dans un arbre. Il faut nous installer avant que la nuit soit tout à fait tombée.

Elles se mirent à la recherche d'un arbre qui leur convint et en trouvèrent un qui s'élevait, magnifique, au milieu des fougères. Les fillettes grimpèrent dans les branches et s'installèrent à une fourche de façon à pouvoir dormir sans perdre l'équilibre.

Un oiseau qu'elles dérangeaient s'en alla coucher ailleurs. Mais Zor poussa soudain un cri :

— Des yeux !

Des yeux, ronds et dorés, les regardaient.

— C'est un lynx, murmura Minouk, il ne nous attaquera pas.

En effet, l'animal, après les avoir considérés fixement quelques secondes, disparut d'un bond souple.

Un renard passa à la recherche de quelque gibier ; les loups hurlaient dans le lointain. Mais les fillettes ne craignaient que le Grand Ours et son terrible grognement ne se fit pas entendre. La nuit s'écoula paisiblement.

A l'aube, la pluie se mit à tomber, torrentielle. Un orage avait éclaté avec une subite furie. Éveillées et trempées, les fillettes cherchaient à s'enfouir plus profondément dans le feuillage. Il ne pouvait pas être question de continuer la route avant la fin de l'orage.

Enfin la pluie se calma, un crapaud-bœuf se mit à chanter quelque part et un arc-en-ciel apparut entre les branches.

— Descendons, dit Minouk, il est temps de partir.

— Le tonnerre gronde encore.

Minouk prêta l'oreille : c'était vrai, on entendait encore un roulement de tonnerre, assez proche. Mais comment était-ce possible ? Ce qu'elles apercevaient du ciel était tout bleu.

Elles attendirent encore un moment, puis descendirent de leur perchoir. Le roulement sourd se répercutait toujours dans la forêt, sans aucune interruption maintenant.

— Cela devient plus fort à mesure que nous avançons, remarqua Minouk.

— Alors, ce n'est pas le tonnerre ?

— Non.

— Peut-être une cataracte qui se jette dans le lac.

— Non. Il n'y a pas de cataracte. Mon père est souvent allé chasser jusque sur les rives du lac.

Les fillettes marchaient de plus en plus vite, elles avaient hâte de sortir du couvert.

Et tout à coup la forêt sembla s'effondrer devant elles. Sur un grand espace des arbres étaient arrachés, des broussailles foulées, des fougères écrasées. Le grondement semblait maintenant tout proche.

— Regarde ! cria Zor.

Mais Minouk avait vu en même temps qu'elle. Une masse énorme de chair, de cuir et d'ivoire s'élevait à quelque distance.

— Le mammouth ! balbutia Minouk.

— C'est lui qui barrit... comme le tonnerre !

— C'est lui.

— Sauvons-nous. Il va nous voir et nous écraser.

— Il ne peut pas bouger.

Une terrible aventure était en effet arrivée au mammouth. Ordinairement il pouvait déraciner les arbres comme Minouk aurait arraché une herbe dans la forêt, mais à la suite de l'orage un arbre avait été fendu par la foudre : le pachyderme, voulant saisir une touffe de feuilles avait imprudemment glissé sa trompe entre les deux parties du tronc qui s'étaient resserrées et l'avaient coincée. Épuisé par la douleur, le mammouth ne pouvait ni se dégager, ni faire tomber l'arbre qui le retenait prisonnier.

— Cela doit lui faire horriblement mal, dit Minouk, il faut le dégager.

— Mais comment veux-tu ?... Nous sommes si petites et il est si gros !

— Il faut trouver un moyen.

— Si nous approchons encore, il risque de nous écraser comme des fourmis sous ses grosses pattes.

— Faisons le tour de l'arbre, ainsi nous pourrons nous glisser tout près de lui sans qu'il nous voie.

Les petites filles, se glissant entre les fougères plus hautes qu'elles, contournèrent donc l’arbre et sa victime. Arrivées de l'autre côté, elles virent l'extrémité de la pauvre trompe qui se tordait comme un serpent noir.

Minouk considérait gravement la chose.

— Écoute, dit-elle enfin. Si nous pouvions glisser un morceau de bois, ou une grosse pierre, sous la trompe et si nous pouvions appuyer dessus assez fort, la fente s'ouvrirait un peu plus et le mammouth pourrait retirer sa trompe.

Elles se mirent à chercher l'objet qui pourrait leur servir de levier et elles découvrirent une pierre épaisse et longue.

— Essayons de la transporter, fit Minouk.

Ce ne fut pas facile, la pierre était très lourde. Mais en s'y prenant à deux et en coordonnant leurs mouvements les fillettes réussirent à la soulever et à la porter jusqu'à l'arbre.

— Il faut la glisser dans la fente, ordonna Minouk.

Cela fut fait après un nouvel effort. Les enfants étaient essoufflées et les bras leur faisaient mal. Mais dès que la lourde pierre fut dans la fente, elle s'y enfonça, entraînée par son propre poids ; les deux parties du tronc d'arbre s'écartèrent un peu plus et le mammouth fut délivré.

Minouk poussa un cri de joie en voyant disparaître le « serpent noir ».

Mais au même instant, Zor se rapprocha d'elle et lui saisit le bras ; elle regardait en l'air. Minouk suivit le regard de sa petite compagne.

Elle rencontra un autre regard et recula d'un pas. Beaucoup plus petites que le gigantesque éléphant, les fillettes ne s'étaient pas aperçues qu'à travers les feuilles — et de très haut — il les distinguait parfaitement.

Avait-il compris qu'elles l'avaient sauvé ? Ou allait-il leur faire du mal ?

(A suivre.)

Clara [Henriette Robitaillie] "Minouk, l'amie du Mammouth" (1956) [2/4]
Clara [Henriette Robitaillie] "Minouk, l'amie du Mammouth" (1956) [2/4]

Clara [Henriette Robitaillie] "Minouk, l'amie du Mammouth" (1956) [2/4]

Clara [Henriette Robitaillie] "Minouk, l'amie du Mammouth" (1956) [2/4]

Clara [Henriette Robitaillie] "Minouk, l'amie du Mammouth" (1956) [2/4]

Clara [Henriette Robitaillie] "Minouk, l'amie du Mammouth" (1956) [2/4]

Clara [Henriette Robitaillie] "Minouk, l'amie du Mammouth" (1956) [2/4]

Commenter cet article

Présentation

 

Le Blog de l'Amicale Des Amateurs de Nids À Poussière (A.D.A.N.A.P.) est animé par :

 

(Photographie : Jean-Luc Boutel)

 

Christine Luce

 

Samuel Minne

 

Fabrice Mundzik

 

Liste des contributeurs

 

Articles récents

Quelques dépoussiéreurs :

e-Bulles d’encre

 

À propos de Littérature Populaire

 

Sur l’autre face du monde

 
Les Moutons électriques
 
Éditions Bibliogs